20 novembre 2022

Contrefaire la monnaie dans l’Égypte romaine du IVe siècle. Retour sur une découverte exceptionnelle : les c. 15000 moules monétaires de Dionysias (Qasr-Qaroun)

Conférence du cycle "Les rendez-vous de l’archéologie de l'IFAO"

Guillaume Blanchet et Pierre-Marie Guihard

La conférence a eu en présentiel à l’auditorium de l’IFE en français avec traduction simultanée en arabe dans la salle.
L’enregistrement vidéo de cette conférence est consultable à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=-HjkP61P2UY

Depuis 2019, la mission scientifique « Contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil » a entrepris une campagne d’études dont l’ambition est de réévaluer les modalités et la raison d’être d’une production de fausses monnaies coulées dans l’Égypte romaine du IVe siècle, et plus précisément dans l’ancienne cité gréco-romaine de Dionysias (Qasr-Qaroun, Fayoum). Célèbre pour son temple dédié à Sobek, qui remonte à l’époque ptolémaïque, la cité de Dionysias l’est aussi par la découverte spectaculaire en 1948 par une équipe franco-suisse, emmenée par Jacques Schwartz et Henri Wild, de quelque 15 000 moules en argile utilisés pour couler par surmoulage des monnaies romaines du début du IVe siècle : c’est-à-dire en utilisant pour la prise d’empreinte des nummi, qui sont des monnaies de billon utilisées pour les transactions monétaires du quotidien. Le bâtiment où furent découverts les moules, ainsi que d’autres restes de production, a été l’objet d’une fouille systématique ; il fut identifié comme un « atelier monétaire ». Si les travaux de Jacques Schwartz, qui s’est intéressé de près à cette découverte, ont incontestablement mis en lumière l’originalité et l’importance de cette découverte, il n’en demeure pas moins qu’elle reste insuffisamment perçue jusqu’à présent. Afin de mieux mesurer la place de cet atelier au sein des enjeux économiques, historiques et sociaux de l’époque, deux axes font particulièrement l’objet de recherches approfondies : d’une part les procédés techniques développés lors de la fabrication des monnaies coulées et, d’autre part, l’organisation et les conditions de la production, qui sont complétés par un travail sur les archives qui ont été déposées par Jacques Schwartz à l’Ifao et au Collège de France.

Guillaume Blanchet est archéologue et numismate, doctorant au Centre Michel de Boüard-CRAHAM, sous la direction de Luc Bourgeois (Craham) et de Marc Bompaire (EPHE/IRAMAT). Il est spécialiste des monnaies d’argent frappées en Gaule aux Ve et VIe siècles après J.-C. Il s’intéresse plus largement aux méthodes de fabrication des monnaies pendant l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il est coresponsable de l’action spécifique Ifao « Les moules monétaires de Qasr-Qaroun/Dionysias : contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil au début du IVe siècle ».

Pierre-Marie Guihard est archéologue et numismate, Ingénieur de recherche – Université. Il a soutenu en 2009 un doctorat à l’Université Paris-Sorbonne. Responsable du service de numismatique du Centre Michel de Boüard-CRAHAM, UMR 6273 (Caen), ses travaux sont centrés sur l’étude des trouvailles monétaires, ce qui l’amène à s’intéresser spécifiquement aux questions d’usage et de circulation de la monnaie aux périodes antiques. Il travaille également depuis 2010 sur l’économie de la contrefaçon monétaire dans l’Antiquité romaine. Il est coresponsable de l’action spécifique Ifao « Les moules monétaires de Qasr-Qaroun/Dionysias : contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil au début du IVe siècle« .

20 novembre 2022, 18h0020h00
Institut français d'Égypte
Auditorium de l'IFE
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