13 mars 2020

Les animaux aquatiques dans l’hagiographie

Cette journée, organisée par le programme de recherche ICHTYA du Craham, se propose d’apporter un éclairage sur la place des animaux aquatiques dans la littérature hagiographique.

Organisation : Thierry Buquet, Brigitte Gauvin, Catherine Jacquemard, Marie-Agnès Lucas-Avenel, (Craham, ICHTYA)

Programme

Matin

10h00 : accueil

10h30 : présentation de la journée (Brigitte Gauvin, Thierry Buquet)

11h : Stéphane Lebecq (professeur émérite d’histoire médiévale à l’Université Charles-de-Gaulle de Lille)
Du mythe de Jonas à la pêche miraculeuse. Variations hagiographiques sur les saints et la faune marine au haut Moyen Âge
La littérature hagiographique du haut Moyen Âge accorde une grande place aux relations – harmonieuses ou conflictuelles – que le saint homme entretient avec le milieu marin, notamment avec les poissons et certains mammifères marins comme les cétacés, qui étaient alors considérés comme des poissons. Ces évocations, qui font volontiers écho aux antécédents bibliques du jardin d’Eden, du mythe de Jonas ou de la pêche miraculeuse, ont pour but premier de montrer que c’est par sa sainteté que l’homme est en mesure de dominer la nature et de vivre en harmonie avec elle.

12h30 Pause déjeuner

Après-midi

14h00 : Luc Picard (Unicaen)
Entre terre et mer : une faune partagée entre deux milieux mise en scène dans l’hagiographie irlandaise de langue latine

Il s’agira de repérer à travers l’hagiographie irlandaise de langue latine les créatures amphibies. Celles-ci apparaissent dans plusieurs récits et vitae de saints, que ce soient la célèbre Nauigatio sancti Brendani ou des documents bien moins connus et datant du Moyen Âge central, tels que les vies de Finan, Ruadan, Cronan ou Aéd. Très souvent dotés de caractéristiques merveilleuses, ces animaux viennent perturber le monde et la logique des hommes. Chevaux marins, baleine confondue avec une île ou bœuf surgissant des flots créent ainsi une dissonance dans la civilisation que seul un saint, détenteur du pouvoir de commander à cette faune improbable, peut corriger, en ramenant la bête d’où elle vient ou en l’intégrant harmonieusement à la société qu’a intégrée. Si ce motif récurrent, visant à encenser un personnage ecclésiastique, connaît une évolution à travers les différents textes, un schéma plus ou moins identique se retrouve à chaque fois : la créature, si étrange soit-elle, se soumet au pouvoir du saint, permettant à celui-ci d’éclaircir, voire de domestiquer, les mystères des profondeurs.

14h45 : Cécile Rochelois (maîtresse de conférence en langue et littérature médiévales, université de Pau et des Pays de l’Adour)
Multiplier les poissons dans les hagiographies médio-latines

Nous nous intéresserons dans cette communication à quelques épisodes hagiographiques médiolatins mettant en scène des saints multiplicateurs de poissons, tels que le saint armoricain Corentin. Si l’on peut toujours les considérer dans une certaine mesure comme des réécritures du Nouveau Testament, ces récits se démarquent de diverses manières du modèle évangélique. Ils se montrent moins elliptiques, en donnant des précisions sur les espèces multipliées ou sur les modalités du partage. Comment et pourquoi les hagiographes médiévaux se réapproprient-ils l’épisode biblique de la multiplication des poissons ? Nous nous interrogerons sur ce que nous dit ce miracle des saints qui l’accomplissent et sur ce que révèlent les textes hagiographiques de l’animal-aliment placé ainsi au centre de l’attention.

Jonas rejeté par le poisson. Initiale S du prologue du livre de Jonas.

Légende illustration : Jonas rejeté par le poisson. Initiale S du prologue du livre de Jonas. Bible (France du sud-est ? Lyonnais ?), dernier quart du xiie siècle, Lyon, BM, ms 411 (0337), f. 164v. Référence : http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/5360 ; image en ligne : https://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/12275/canvas/canvas-1328877/view

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