À la recherche des pirates de l’océan Indien aux XVIIe-XVIIIe siècles

Conférence : « À la recherche des pirates de l’océan Indien aux XVIIe– XVIIIe siècles. De l’île Sainte-Marie (Madagascar) à l’île Maurice, des occupations terrestres aux épaves par Jean Soulat (LANDARC, CRAHAM)

La conférence-débat sera précédée de la projection du film « La véritable histoire des pirates » (Gédéon Programmes 2022)  (présentation du film sur le site Unicaen)

Entrée libre – Ouvert à tous

Responsable(s) scientifique(s) : Luc Bourgeois

Contrefaire la monnaie dans l’Égypte romaine du IVe siècle. Retour sur une découverte exceptionnelle : les c. 15000 moules monétaires de Dionysias (Qasr-Qaroun)

Guillaume Blanchet et Pierre-Marie Guihard

La conférence a eu en présentiel à l’auditorium de l’IFE en français avec traduction simultanée en arabe dans la salle.
L’enregistrement vidéo de cette conférence est consultable à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=-HjkP61P2UY

Depuis 2019, la mission scientifique « Contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil » a entrepris une campagne d’études dont l’ambition est de réévaluer les modalités et la raison d’être d’une production de fausses monnaies coulées dans l’Égypte romaine du IVe siècle, et plus précisément dans l’ancienne cité gréco-romaine de Dionysias (Qasr-Qaroun, Fayoum). Célèbre pour son temple dédié à Sobek, qui remonte à l’époque ptolémaïque, la cité de Dionysias l’est aussi par la découverte spectaculaire en 1948 par une équipe franco-suisse, emmenée par Jacques Schwartz et Henri Wild, de quelque 15 000 moules en argile utilisés pour couler par surmoulage des monnaies romaines du début du IVe siècle : c’est-à-dire en utilisant pour la prise d’empreinte des nummi, qui sont des monnaies de billon utilisées pour les transactions monétaires du quotidien. Le bâtiment où furent découverts les moules, ainsi que d’autres restes de production, a été l’objet d’une fouille systématique ; il fut identifié comme un « atelier monétaire ». Si les travaux de Jacques Schwartz, qui s’est intéressé de près à cette découverte, ont incontestablement mis en lumière l’originalité et l’importance de cette découverte, il n’en demeure pas moins qu’elle reste insuffisamment perçue jusqu’à présent. Afin de mieux mesurer la place de cet atelier au sein des enjeux économiques, historiques et sociaux de l’époque, deux axes font particulièrement l’objet de recherches approfondies : d’une part les procédés techniques développés lors de la fabrication des monnaies coulées et, d’autre part, l’organisation et les conditions de la production, qui sont complétés par un travail sur les archives qui ont été déposées par Jacques Schwartz à l’Ifao et au Collège de France.

Guillaume Blanchet est archéologue et numismate, doctorant au Centre Michel de Boüard-CRAHAM, sous la direction de Luc Bourgeois (Craham) et de Marc Bompaire (EPHE/IRAMAT). Il est spécialiste des monnaies d’argent frappées en Gaule aux Ve et VIe siècles après J.-C. Il s’intéresse plus largement aux méthodes de fabrication des monnaies pendant l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il est coresponsable de l’action spécifique Ifao « Les moules monétaires de Qasr-Qaroun/Dionysias : contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil au début du IVe siècle ».

Pierre-Marie Guihard est archéologue et numismate, Ingénieur de recherche – Université. Il a soutenu en 2009 un doctorat à l’Université Paris-Sorbonne. Responsable du service de numismatique du Centre Michel de Boüard-CRAHAM, UMR 6273 (Caen), ses travaux sont centrés sur l’étude des trouvailles monétaires, ce qui l’amène à s’intéresser spécifiquement aux questions d’usage et de circulation de la monnaie aux périodes antiques. Il travaille également depuis 2010 sur l’économie de la contrefaçon monétaire dans l’Antiquité romaine. Il est coresponsable de l’action spécifique Ifao « Les moules monétaires de Qasr-Qaroun/Dionysias : contrefaire la monnaie dans la vallée du Nil au début du IVe siècle« .

[Conférence] Dernières recherches sur le crâne de saint Aubert

Les Amis de l’Université de Caen Normandie vous invitent à la conférence Dernières recherches sur le crâne de saint Aubert

  • Pierre Bouet, Maître de conférences honoraire en latin médiéval
  • Cécile Chapelain de Seréville-Niel, Ingénieure de recherche en archéoanthropologie, Centre Michel de Boüard-Craham
  • Denis Bougault, médecin paléopathologiste
  • Samuel Bédécarrats, ingénieur de recherche contractuel, Centre Michel de Boüard-Craham

Lundi 14 mars 2022 à 18h

Entrée libre selon la réglementation sanitaire en vigueur
Contact : amis.universite@unicaen.fr

Encres, pigments et parchemins

Rendez-vous le 16 septembre 2021 pour une conférence exceptionnelle assurée par Laurianne Robinet, Anne Michelin, Lucie Arberet et Stéphane Lecouteux.

EMMA, pour Étude Matérielle des Manuscrits Anciens du Mont Saint-Michel, c’est le nom de cet ambitieux programme de recherche porté par le Centre de Recherche sur la Conservation (du CNRS) et la Ville d’Avranches. Ses dernières recherches, objet de cette rencontre à 4 voix, portent sur les matériaux utilisés par les moines copistes pour réaliser leurs remarquables enluminures et pages d’écritures.

En parallèle, ne ratez pas les derniers jours d’exposition des manuscrits étudiés par les chercheurs d’EMMA au Scriptorial. Vous avez jusqu’au 19 septembre : ça tombe bien, ce sont les Journées du Patrimoine ce week-end là !

Conférence gratuite sur réservation au 02 33 79 57 00 et présentation du pass sanitaire

Le regard des archéologues sur la gestion des déchets dans une ville contemporaine

Le Garbage Project, étude archéologique et sociologique menée en 1973 à Tucson (USA) sera le point de départ de cette conférence pour questionner le regard des archéologues sur la gestion des déchets.

Le « Garbage Project », mené par des archéologues de l’université d’Arizona de 1972 à 1994 a constitué un projet pionnier pour tenter d’appréhender les habitants d’une ville américaine à partir des détritus qu’ils produisent, dans une démarche archéologique classique pour les périodes anciennes mais qui n’avait jamais encore été appliquée à la période contemporaine. Des poubelles individuelles aux décharges publiques, l’équipe a montré à la fois les profondes discordances qui existaient entre la réalité et la vision que les enquêtés avaient de leur propre consommation ou celle qui prévalait chez les gestionnaires de la ville. Au-delà, cette expérience permet de tester les interprétations élaborées par les archéologues pour les périodes anciennes et de mesurer les biais amenés par les solutions actuelles de gestion des déchets. Les riches produisent-ils plus de détritus ? Les récents immigrés manifestent-ils des consommations particulières ? Le tri sélectif et la multiplication des contenants n’amènent-t-ils pas une prolifération des déchets ? Comment évoluent ces déchets dans les centres de traitement ? Voici quelques-unes des questions abordées par ce projet original.

Organisé par la MRSH Caen Normandie dans le cadre de l’événement Vies d’ordures.

Les usages des monnaies médiévales XIIe-XVIe siècle

Conférence de Thibault CARDON
Chargé de recherche au CNRS, Centre Michel de Boüard-Craham, UMR 6273.

Les monnaies sont ici considérées non comme un support neutre de l’économie, mais comme des objets dont la matérialité est un ressort essentiel de leurs usages. Les fouilles archéologiques sont à ce titre une source de premier plan puisqu’elles permettent, au prix d’une méthodologie adaptée, d’observer les monnaies réellement employées dans des contextes précis. Pourquoi choisit-on telle monnaie pour tel usage, et en quoi ce choix a-t-il un sens ? L’étude fine de cas bien documentés permet d’aborder des usages aussi différents que le paiement des salaires, la gestion des monnaies à l’échelle domestique, la formation des dépôts monétaires ou le dépôt votif d’une monnaie dans une sépulture. Le but de ce travail est donc de mettre en place des clés d’interprétation en archéo-numismatique et de souligner les limites de ces hypothèses, mais aussi de proposer des pistes pour une lecture anthropologique des usages monétaires sur la longue durée. Les théories de l’anthropologie économique fournissent à ce titre des modes d’interrogation particulièrement efficaces. Dans cette perspective, la dernière partie de ce travail est l’occasion d’une analyse plus théorique. Il s’agit de dégager les multiples facteurs faisant qu’une monnaie est toujours différente d’une autre. Les monnaies sont ainsi organisées en systèmes de valeur qui sont loin d’être strictement économiques ou dogmatiques, mais avec lesquels les acteurs peuvent sans cesse jouer pour donner du sens aux situations. Les usages des monnaies peuvent alors être regroupés en cinq grands types qui sont autant de façons de considérer les rapports sociaux. La constitution même de la numismatique en tant que discipline paraît s’inscrire dans de tels schémas.