Parution : L’argent gaulois. Dépôts monétaires de la « zone du denier », sous la direction de Pierre-Marie Guihard

L’argent gaulois. Dépôts monétaires de la « zone du denier ». Éditions Bibliothèque nationale de France, 2023  (collection Trésors monétaires, 30), sous la direction de Pierre-Marie Guihard

Ce trentième volume de la série Trésors Monétaires rassemble des études sur la monnaie d’argent gauloise, à travers l’un des numéraires les plus emblématiques : le « denier », dont la terminologie employée par J.-B. Colbert de Beaulieu énonce une continuité avec des paramètres romains. Ceux-là mêmes qui, dans l’esprit de l’éminent savant, sont considérés comme l’indice d’échanges intenses entre la Rome tardo-républicaine et certaines cités de Gaule – les Éduens, les Séquanes et les Lingons formant la fameuse « zone du denier ». Un denier bien particulier toutefois, puisqu’il adopte en réalité le poids d’un quinaire, le demi-denier romain. Quoi qu’il en soit, un numéraire fort spécifique au sein des monnayages celtiques et dont le rôle et la fonction ont été longtemps insuffisamment perçus. Au-delà d’une synthèse des connaissances, les études ici réunies, auxquelles s’associent un inventaire des trouvailles monétaires et une postface écrite par Dominique Hollard, ouvrent de nouvelles pistes de réflexion à travers une approche historique, archéologique, archéométrique ou plus proprement numismatique du quinaire gaulois, de ses usages, de sa circulation et de sa production des dernières décennies du IIe siècle av. J.-C. à l’époque augustéenne. Elles recentrent le débat en examinant l’interprétation socio-économique de J.-B. Colbert de Beaulieu au prisme de l’évolution des recherches actuelles et interrogent en particulier les usages militaires du quinaire gaulois.

Le trésor de Bassing, en Lorraine (Moselle), trouvé au cours de fouilles archéologiques, est étudié en détail par une équipe d’archéologues et de numismates. Daté autour de 30-20 av. J.-C., il a livré 1 111 quinaires dans un environnement identifié par ses dimensions et son mobilier comme une demeure aristocratique.

Plus vaste encore, le trésor de Laignes (Côte-d’Or) aurait contenu 2 131 quinaires. Découvert de manière illicite, il a échappé à la dispersion. S’il a perdu son contexte archéologique, il n’en demeure pas moins un ensemble particulièrement riche et complexe pour la compréhension des pratiques monétaires de la région pour la fin de l’âge du Fer.

Plus malmenées par l’histoire, les quelque 15 000 monnaies découvertes à Lavilleneuve-au-Roi (Haute-Marne) en 1866 ont pour la plupart été dispersées. Dépôt majeur pour la compréhension des pratiques de thésaurisation des quinaires gaulois, l’auteure fait ici le point sur la situation de conservation des monnaies.

À ces trésors substantiels s’ajoutent trois petits ensembles normands découverts aux Andelys (Eure), à Lyons-la-Forêt (Eure) et à Limésy (Seine-Maritime), précédemment partiellement publiés, qui posent notamment la question du rôle de l’armée dans la diffusion des quinaires gaulois après la conquête romaine de la Gaule.

Depuis 2014, la collection Trésors monétaires  propose, pour chaque volume, un ensemble d’articles dévolus à l’examen individuel de différents trésors, mais fait aussi connaître des éléments de synthèse qui permettent d’embrasser un type de monnayage vu à travers les dépôts découverts en contexte archéologique ou connus par d’autres sources, archives ou publications anciennes.

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